1ère DIVISION - Vagabondage - Circulaire à MM les Sous-préfets et Maires
Messieurs,
Des plaintes incessantes sont adressées à M. Le Ministre de l'Intérieur au sujet de l'accroissement du nombre de vagabonds qui circulent à travers notre territoire et qui ne parviennent le plus souvent à subsister qu'au moyen de secours en nature ou en argent des populations rurales par intimidations.
Le gouvernement se préoccupe depuis longtemps de cette délicate
question du vagabondage et il recherche les moyens propres à améliorer
la situation dont se plaignent, non sans raison, les habitants des campagnes.
Mais, même dans l'état actuel de la législation, il serait
possible de parvenir à diminuer sensiblement le nombre de vagabonds si
les intéressés s'appliquaient à prêter à l'autorité
tout le concours qu'ils lui doivent. La circulaire ministérielle du 29
juin 1889, insérée au n° 13 du recueil des actes administratifs
de la même année, vous invitait à signaler la présence
des vagabonds et la direction par eux prise, quand ceux-ci n'avaient pu être
arrêtés sur le territoire de votre commune.
Je crois devoir réitérer cette invitation et j'insiste auprès
de vous, Messieurs, de la façon la plus pressante, pour que vous engagiez
tous ceux qui habitent en dehors de l'agglomération chef lieu à
révéler la présence dans la localité ou ils sont
fixés, des gens sans aveu et, d'autre part pour qu'il sot procédé
à leur interrogatoire et, s'il y a lieu, à leur remise entre les
mains de la force publique.
Enfin, vous appellerez l'attention des agents de la force publique ( commissaires
de police, agents, gardes champêtres, etc.) sur la nécessité
d'apporter encore plus de soin que jamais à la surveillance de leur circonscription
- Dans les conditions actuelles, cette surveillance doit être d'autant
plus étroite que parmi les nomades de toutes catégories qui errent
à travers le pays, se dissimulent des individus dangereux dont il importe
d'observer les agissements et les menées anarchistes.
J'ai lieu d'espérer que votre zèle, celui des agents de la force
publique et des habitants eux-mêmes amènera promptement la diminution
du nombre des vagabonds. - L'autorité judiciaire est, d'ailleurs résolue
à coopérer à ce résultat en apportant toute la sévérité
possible dans la répression du délit de vagabondage.
Agréez, Messieurs, L'expression de ma considération très
distinguée
Le Préfet, Léon STEHELIN
Document mis à jour le 01-01-2004