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1857 - Les elections législatives - 16 Juin

(Cabinet.) - Election des députés au corps législatif.

Nancy, le 16 juin 1857.


LE PRÉFET DE LA MEURTHE, Officier de l'Ordre Impérial de
la Légion d'honneur,


A MM. les Maires du département.


MONSIEUR LE MAIRE,


Les travaux de la fenaison, qui vont commencer sur
plusieurs points, pourraient empêcher un certain nombre d'Électeurs de prendre
part au scrutin des 21 et 22 de ce mois.


Pour obvier à cet inconvénient et donner aux populations
des cam­pagnes la possibilité de voter, je vous autorise à ouvrir chaque jour
le scrutin dès cinq heures du matin, si vous le jugez nécessaire. Quoique
commencé plus tôt, le scrutin devra néanmoins n'être clos qu'à six heures
du soir, le Dimanche, et à quatre heures, le Lundi.


Vous ferez publier et afficher, s'il y a lieu, cette
nouvelle disposition. Vous vous assurerez, d'ailleurs, que tous les électeurs (
Y COMPRIS LES MILITAIRES EN CONGÉ QUI SONT PRÉSENTS A LEUR DOMICILE ), ont reçu
des cartes de convocation et des bulletins de voie. Vous tiendrez un certain
nombre de ces bulletins à la disposition de ceux qui se présenteraient au
scrutin sans en être pourvus.


Vous trouverez, ci-joint, plusieurs exemplaires de la
circulaire que j'adresse aux Électeurs de la Meurthe. Veuillez donner à ce
docu­ment la plus grande publicité, en le faisant afficher, aussitôt sa réception,
tant à la porte extérieure de la salle du vote que sur les principaux points
de votre commune.


Je n'insisterai pas, Monsieur le Maire, sur les
recommandations que j'ai eu l'honneur de vous adresser au sujet de l'élection
qui va s'accomplir. Je sais que vous êtes entièrement dévoué au Gouvernement
de l'Empereur et que vous êtes à même de contribuer puissamment à assurer l'élection
du Candidat qu'il vous présente. Votre zèle sera, j'en suis persuadé, à la
hauteur des circonstances.


Recevez, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération
très-­distinguée.


Le Préfet,


Albert LENGLÉ.



 



 


Aux Électeurs du département de la Meurthe,


ÉLECTEURS DE LA MEURTHE,


Pour la seconde fois, depuis qu'un acte providentiel nous a
préser­vés de l'anarchie, vous êtes appelés à nommer les représentants de
la nation.


Le Gouvernement de l'Empereur sait qu'il peut compter sur
la fermeté de vos sentiments politiques, aussi bien que sur la constance de vos
affections, et, ayant pu apprécier, pendant six années d'une laborieuse législature,
le mérite et le dévouement des hommes que vous aviez, en 1852, honorés de
votre confiance, il les présente de nouveau à vos suffrages, persuadé que ce
témoignage de gratitude, pour le concours qu'ils lui ont prêté, ne fait que répondre
à vos sen­timents personnels. Mais il laisse en même temps aux autres candi­datures
la plus entière liberté de se produire; avant tout, l'Empereur


veut (et son Ministre, de l'intérieur vous l'a dit)
« la pratique libre et sincère du suffrage universel ».


J'ignore encore si, dans le département de la Meurthe, qui
renferme tant de souvenirs glorieux pour l'Empire, et d'où sont sorties tant et
de si grandes illustrations militaires, dans ces contrées agricoles et guerrières,
où il y a cinq ans à peine, une acclamation unanime provoquait le rétablissement
du régime impérial, il se produira des candidatures hostiles; mais, que la
lutte s'engage ou non, ce n'en est pas moins une impérieuse obligation pour
tous ceux qui n'ont pas oublié que le Gouvernement s'est engagé à sauver la
société, de venir donner encore, par l'imposant ensemble de leurs votes, un éclatant
témoignage de leur confiance et de leur amour pour le Prince qui a rendu à la
France la gloire au dehors et la sécurité au dedans.


Électeurs de la Meurthe ! usez donc de votre droit;
accomplissez un devoir sacré; usez de ce droit de suffrage, que les anciennes
Constitutions refusaient au plus grand nombre d'entre vous ; ne vous abandonnez
pas au sentiment qui pourrait vous porter à une sorte d'indifférence à l'égard
du scrutin; que votre confiance dans le résul­tat ne vous empêche pas de
concourir à l'obtenir. Car, vous le savez, des partis hostiles ont résolu de
pratiquer l'abstention, comme si l'expression de la volonté du pays était
entravée par le Pouvoir; ils ont vu, dans ce moyen, une tactique habile, à
l'aide de laquelle ils pourraient faire que tous ceux qui n'ont pas voté
partagent leurs con­victions. Vous déjouerez cette ruse, vous ne laisserez
aucune appa­rence de réalité à une interprétation qui irait directement
contre votre pensée, et, en déposant dans l'urne du scrutin la libre
expression de votre volonté, vous aurez bien mérité du pays et de l'Empereur.
Plus la manifestation sera unanime, plus elle aura de portée, plus elle donnera
au Gouvernement cette force morale qui a permis à la sagesse et au génie de I'Empereur
de replacer la France au premier rang des nations. S'abstenir, c'est s'abdiquer;
les partis qui se réfugient dans l'abstention proclament eux-mêmes leur
faiblesse; votez donc pour les hommes qui ont toutes vos sympathies, vos amis,
vos compatriotes, et que l'élection du 21 juin soit la condamnation manifeste
des partis hostiles. Allez en masse au scrutin ; allez-y précédés de ces
jeunes soldats qu'une paix glorieuse a rendus à vos affections et à vos
travaux, couverts des palmes de la victoire; portez dans cette arène pacifique
l'ardeur qu'ils déployaient sur les champs de bataille, et, après qu'ils ont
brillamment soutenu au dehors l'honneur de la Patrie, donnez vous-mêmes, à
votre tour, à l'Elu de huit millions de suffrages, qui porte si haut et si
ferme l'épée de la France, une nouvelle preuve de votre fidélité et de vos
vives et respectueuses sympathies.


Fait à l'Hôtel de la Préfecture, à Nancy, le 15 juin
1857.


Le Préfet, Albert LENGLÉ.

Document mis à jour le 01-01-2004
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